Le buste de la statue est mis au jour en avril 1820 à Milo, une île de la mer Égée, par un paysan nommé Yorgos Kentrotas à la recherche de pierres pour bâtir un mur autour de son champ. Par hasard, un élève officier de marine français, Olivier Voutier, assiste à la découverte. Passionné par l'archéologie, alors une discipline récente, il incite le paysan à continuer à creuser. Apparaissent alors la partie inférieure de la statue et quelques fragments appartenant de toute évidence à la statue, comme le n½ud du chignon. En l'état, le buste n'a déjà plus ses bras, comme en témoigne le dessin exécuté par Voutier.
La Vénus de Milo, ou l'Aphrodite de Mélos (du nom de l'île où on l'exhuma en 1820), est l'un de ces derniers grands originaux. La nudité de son buste permit de reconnaître Aphrodite, la Vénus des Romains, déesse de l'amour et de la beauté, née de la mer.
Certains détails stylistiques ont permis de la dater aux alentours de 100 av. J.-C. L'élongation de la silhouette et sa position dans la troisième dimension, la nudité, très charnelle, rattachent cette oeuvre à l'époque hellénistique (323-31 av. J.-C.), la dernière grande période de l'histoire grecque.
Cependant, le visage neutre et impassible tranche comme un masque rapporté. Hors du temps et des émotions, il est composé par un jeu de proportions : il mesure trois fois la hauteur du nez qui prolonge le front en ce " profil grec " que, bien sûr, les Grecs n'avaient pas réellement ! C'est la beauté des dieux, celle des Idées de Platon, que l'on cherche à figurer et non pas la réalité du monde. Cette image " qui dit la beauté dans une langue qui est toujours la nôtre " (Alain Pasquier) est une belle réponse à cette quête éternelle de la Beauté, un chef-d'oeuvre intemporel en somme.
